Les diffusions en direct sur le thé mettent souvent l'accent sur la beauté du thé, et de nombreux magasins de thé vantent son apparence, sous-entendant qu'un beau thé est aussi bon au goût.
Est-ce vraiment le cas ?
Réponse : Pas nécessairement.
D'où viennent les beaux thés ?
Cueillette plus tendre
Prenons le thé Pu-erh comme exemple. Si l'on adopte une mentalité de thé vert, on préfère une cueillette tendre, avec un bourgeon et deux ou trois feuilles, parfois même moins d'un bourgeon et deux feuilles. Le thé compressé ou en vrac sera alors plus beau.
En réalité, les maîtres de thé expérimentés préfèrent cueillir un bourgeon et trois ou quatre feuilles pour le Pu-erh, ce qui donne un meilleur goût.
La tendreté est belle, mais pas nécessairement savoureuse.
Thé de plantation (Taidi)
Le thé de plantation pousse très vite, avec beaucoup de bourgeons et des poils blancs évidents, ce qui le rend plus beau en vrac ou compressé.
Le thé d'arbres anciens (Gushu) a des feuilles plus grosses et contient des feuilles jaunes, ce qui le rend moins beau.
Mais le prix du Gushu est des dizaines de fois supérieur à celui du Taidi, voire plus.
Variétés spéciales
Une marque à Kunming, **, a compressé le Da Baihao de Jingdong et l'a vendu en direct, prétendant qu'il s'agissait de thé d'arbres anciens de Laobanzhang ou de Bingdao, à des prix exorbitants.

Le Da Baihao de Jingdong est très beau (voir image ci-dessus, trouvée sur Taobao, merci). Beaucoup de débutants, séduits par son apparence, en ont acheté à prix élevé.
Des galettes à une dizaine de yuans vendues à plusieurs milliers de yuans : on raconte qu'un chanteur, patron de la marque, a engrangé près de cent millions de yuans de profits en quelques mois.
Bien sûr, beaucoup d'acheteurs ont fini par comprendre et sont allés insulter en direct, mais ils ont été bloqués. Maintenant, il semble avoir peur des critiques et ne diffuse plus.
Un beau thé n'est pas forcément bon au goût.
Les thés laids peuvent être haut de gamme
Les thés de printemps d'arbres anciens sont souvent cueillis plus vieux
Pour mes thés de printemps d'arbres anciens que je garde, la cueillette est souvent plus vieille, avec un bourgeon et trois ou quatre feuilles. Lorsque je compresse les galettes, je ne retire généralement pas les feuilles jaunes, car cela améliore le goût. Un amateur de thé, peu connaisseur, a vu mes galettes et a plaisanté : « Maître Lü, avez-vous ramassé ces feuilles sous l'arbre pour les compresser ? »
Je préfère cueillir un bourgeon et trois ou quatre feuilles, sans retirer les feuilles vieilles, car j'ai comparé les saveurs et constaté que cela donne un meilleur goût et une meilleure vitalité.
Il est facile de comparer : prenez une galette, infusez une fois avec les feuilles jaunes retirées, une autre sans les retirer, et goûtez les deux. Vous verrez immédiatement la différence.
Mes thés de printemps d'arbres anciens, avec une cueillette plus vieille et sans retirer les feuilles jaunes, ne sont peut-être pas beaux au sens traditionnel, mais ils ont bon goût et sont haut de gamme.
De nombreux vieux thés classiques de Yiwu sont laids mais délicieux
Je considère que les six montagnes de thé anciennes peuvent être classées dans la grande région de Yiwu. Yiwu compte de nombreux vieux thés délicieux, souvent avec des branches et des feuilles grossières, laids, mais qui peuvent être des classiques de l'industrie, au goût exceptionnel. Si Yiwu reste si populaire et attire de plus en plus d'amateurs, c'est non seulement pour son goût, mais aussi parce que ces vieux thés en sont la preuve.
Pour ajouter un mot : un certain Da Bai Cai (chou chinois), très réputé, se vend à des millions de yuans la pièce. J'ai eu la chance d'en boire quelques fois. Mon avis : c'est un thé correct, avec une saveur riche et stimulante, un arrière-goût acceptable, mais il lui manque l'élégance que j'apprécie. Après plusieurs dégustations, je n'ai pas trouvé l'image que j'aime, et les sensations physiques sont moyennes. Je pense qu'il ne faut pas en boire trop.
Conclusion
Le thé est fait pour être bu ; le goût est le seul critère.
Quand je regarde mes galettes de printemps avec leurs feuilles jaunes, je les trouve très belles, avec une tension évidente, mais l'esthétique traditionnelle les qualifierait de « pas belles ».
De nos jours, de nombreuses dégustations incluent une évaluation de l'apparence, avec un poids non négligeable dans la note. N'est-ce pas une erreur qui nuit au thé ?
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